Que de la gu... !

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

Mon excellent ami Jean Luc me communique un savoureux condensé de la presse étrangère rapporté par  l'AFP évaluant l'audition du chef de l'Etat sur TF1 lundi dernier. C'est amusant de voir que les journalistes étrangers ont bien plus de recul que ceux français pour apprécier à sa juste valeur le tandem élyséen avec TF1. Sous Chirac, c'était d'ailleurs la même chose, souvenez-vous. A croire que nos "journaleux" français sont sous pression (de qui ? de quoi ?) et que le Président Sarkozy incarne bien quelque part ce "mal français" que nous reprochent souvent nos amis européens.



Un "show monarchique" auquel les a habitués la France : c'est ainsi que nombre de correspondants de la presse étrangère à Paris commentaient mardi la prestation de Nicolas Sarkozy sur TF1.

"Un show préparé, une téléréalité", juge Charles Bremner, chef du bureau du Times à Paris, où il travaille depuis 17 ans. "C'est un président monarque qui s'offre deux heures de prime time pour tenter de redorer son image. Il écoute les doléances de ses sujets qui souffrent, comme le bon roi à leur chevet", ajoute-t-il, reconnaissant toutefois un exercice "assez réussi" puisqu'apparement suivi par plus de huit millions de téléspectateurs.

"Il s'est très bien débrouillé", concède également Alberto Toscano, correspondant de l'hebdomadaire italien Panorama, depuis 24 ans à Paris. "Mais même en Italie, le président du conseil (Silvio Berlusconi) aurait du mal à faire la même chose même sur l'une de ses chaînes de télévision ! Qu'un chef d'Etat puisse parler pendant tout ce temps sans contradiction et répondre à des questions choisies, je vois mal cela dans un autre pays démocratique". "Un spectacle monarchique... mais même le bon Dieu n'a pas ce pouvoir ! C'est une habitude française de sacraliser le locataire de l'Elysée, élu au pouvoir universel. Sarkozy en profite et pousse le système jusqu'au bout", résume-t-il.

Michael Kläsgen, du quotidien allemand Süddeutschezeitung, n'imagine "pas un seul instant" la même chose en Allemagne et évoque lui aussi l'attitude d'un "monarque". Il dénonce "une fausse interview dont on parle depuis quatre jours" et "un manque de distance entre les journalistes français et les puissants" en général.

Henry Samuel, correspondant du Daily Telegraph à Paris, reconnaît le savoir-faire d'un "bon technicien de la communication". "Il a essayé de changer de ton, d'être à l'écoute et pas agressif mais on a l'impression de réécouter des phrases toutes faites". Pour le journaliste britannique, c'est un "exercice qui nous fascine et nous rend perplexes parce que ça n'existe pas chez nous. Que l'Elysée ait pu influencer la conception de l'émission, ce serait impensable en Angleterre". 

"Il y a un côté monarchique, c'est la nature du régime, mais Sarkozy n'est pas pire que ses prédécesseurs. Il est entre la reine d'Angleterre, qui incarne la Nation, et le vrai pouvoir. C'est lui qui décide de tout mais on ne le voit pas souvent. Quand on le voit, c'est toujours dans un exercice de style sans débat contradictoire", poursuit-il.

"Deux heures pour rien", estime de son côté Luis Miguel Ubeda de la radio nationale espagnole. "Car le décalage entre les préoccupations des onze Français (invités sur le plateau de TF1) et la performance présidentielle était trop grand. C'est typique de Sarkozy pour tenter de rassurer mais c'est ridicule".

Pour Akihiko Takaki, chef du bureau parisien du quotidien japonais Nishinippon Shimbun, le président a été "impressionnant" et "assez frais" même s'il "peut être dangereux d'utiliser comme cela les medias". "Ca n'arrive jamais au Japon. Tous les jours il y a un petit debriefing avec la presse à la sortie du bureau du Premier ministre mais jamais il n'intervient à la télé". "Hier soir, le ton du président Sarkozy avec les Français invités était assez naturel, efficace. Mais entre Sarkozy et l'animateur (Jean-Pierre Pernaut) c'était très formel et trop préparé, même ennuyeux à la fin", estime-t-il.

Cité de l' AFP 26/01/2010 | Mise à jour : 12:30 |
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JLT 01/02/2010 15:56


A propos de l'affaire Villepin :

Le député François Goulard accuse : "pour le chef de l'Etat, la
justice est un instrument, un instrument de pouvoir, c'est une
vindicte un acharnement de la part d'un homme contre un autre. C'est
aussi un instrument politique parce qu'il y a une crainte réelle de
la part du chef de l'Etat que Villepin soit un rival et un rival qui
le menace demain".