La nouvelle machine de guerre UMPS

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

png_Liberal_Democrats_UKBON.jpgNos politiciens franchouillards adorent le bipolarisme. "Black or white", tel est leur devise.

Durant les dernières élections régionales, une leçon de démocratie avait été pourtant donnée par les électeurs du sud ouest. L’arrivée en bonne place finale de la liste démocrate conduite par Jean Lassalle dans la région Aquitaine était une bonne nouvelle. Il s’agissait d’une liste ouverte, peu partisane, astucieusement composée avec une bonne dose d’entrants implantés et réputés pour leur esprit combatif et indépendant, qui en faisait le charisme.

Là où la démocratie a pu fonctionner efficacement, le gouvernement a dû reculer : il en est même venu à  licencier sèchement son Ministre des Affaires Sociales, ex ministre de l’Education Nationale, pilier ministériel par excellence, à savoir Monsieur Darcos, tête de liste UMP dont l’échec face à Jean Lassalle n’avait pas du tout été apprécié en haut lieu.

Ailleurs lors des dernières élections régionales, la démocratie a mal fonctionné. Il y a deux raisons.

L’une est que contrairement à l’élection des députés ou des conseillers généraux qui se présentent personnellement sous leur nom, tous les conseillers régionaux sont élus de facto de manière anonyme sous un label peu ou prou "marketing", sous scrutin de liste. Mais on ne sait pas vraiment dans ce scrutin qui est vraiment élu : une tête de liste qui se reposerait sur les initiatives et réseaux de ses colistiers ? des colistiers de premier rang bien en cour et avantageusement placés sur la liste par le fait du prince ? ou les éminences grises qui aurait composé cette liste dans la perspective de tractations de second tour négociées en catimini ? On se pose d'autant plus légitimement la question que ces candidats restent inconnus des électeurs concernés, comme cela a été le cas un peu partout dans les Yvelines. Et quand de surcroît les partis politiques désignent leurs candidats parmi des apparatchiks bien dociles et bien formatés, cela se voit comme le nez au milieu de la figure et ce n’est pas apprécié par nos concitoyens qui ont l'impression d'être emmené en bateau. C'est normal.

L’autre raison est que les magouilles du second tour visant l’élimination de certaines listes et la fusion politicienne avec d'autres, cette alliance des carpes et des lapins pour que certains se gardent les "bonnes" places (celles bien payées et pas trop exposées...) rend la chose politique assez abjecte.

Il aura fallu une bonne dose d’héroïsme républicain pour aller voter au second tour dans ces conditions. Nos aînés se s’y sont pas trompés puisque ce sont eux qui ont creusé le taux de participation aux dernières élections en n’allant pas voter.

A ce stade, la réforme des scrutins locaux dans le but de fusionner les conseils généraux et régionaux en restaurant le scrutin nominal cantonal dans l’idée de  personnaliser et de rapprocher le lien politique entre électeurs et élus est une bonne chose. Le scrutin nominal cantonal permet des liens de proximité et limite les manoeuvres imputables aux états-majors. Il serait bon pour la démocratie locale de repasser par là.

Mais dans ce qu'on lit dans la presse aujourd'hui, il y aurait maintenant deux changements imposés par le gouvernement. Il serait désormais prévu une part de scrutin uninominal et une part de scrutin proportionnel et on n'aurait plus que les deux premiers candidats admis au 2ème tour, sans triangulaire possible.

Par ce superbe verrouillage, les dirigeants de l’UMP et du PS ont voulu empêcher aux Français le bénéfice du jeu électoral leur permettant d'être représentés par d'autres sensibilités politiques. Ce nouveau mode de scrutin renforcerait ce sinistre bipolarisme UMPS qui exclut le débat et vide de tout contenu notre démocratie parlementaire. Les électeurs n'auraient plus le choix dans les élections locales qu'entre bulletins de vote imposés par les états-majors, fruit d’une entente savante entre les éminences grises des combinaisons "copains-coquins", "ceinture et bretelle", "je te donne ci - tu me donnes ça" emblématiques du système UMPS.

Le pluralisme et la personnalisation de la représentation politique doit être inscrit comme un principe constitutionnel si l’on veut rétablir une vrai démocratie collégiale dans notre pays.

Regardons ce qui se passe au Royaume-Uni où le parti libéral-démocrate LibDem, caractérisé par son pragmatisme économique, sa doctrine sociale ouverte et tolérante et son esprit pro-européen, est en train de faire un carton dans les sondages. 

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Là où les esprits se libèrent, la politique avance. Alors libérons les esprits et avançons s’il vous plaît.
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André Roulleaux Dugage
Délégué cantonal Houilles Carrières. 

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