Epilogue ?

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

Extrait de http://www.mediaseine.fr/Tribune-les-forces-democrates-et-02706
André Roulleaux Dugage, Président du Mouvement Démocrate Ovillois, ne partage pas du tout la même analyse des résultats des centristes engagés dans les élections cantonales que le MoDem 78. Il est temps selon lui « d’imposer dans les plus brefs délais de sévères remises en question » au sein du parti.
 

Par André Roulleaux Dugage
- Président du Mouvement Démocrate Ovillois (association politique locale indépendante du MoDem)

En réponse à une communication laudative du MoDem78 qui n’hésite pas à proclamer un score national de plus de 13% pour ses candidats investis aux dernières élections cantonales, il conviendrait de rétablir honnêtement la vérité des choses.

En province, le Mouvement Démocrate a eu pour tactique de donner son investiture au coup par coup à des candidats valables bien implantés localement. Fonctionner ainsi en mode « ouvert », j’approuve totalement. Mais il convient de rappeler cependant qu’un nombre important de ces candidats n’étaient pas adhérents du Mouvement et que donc la « plus value » électorale résidait plus dans la personne même des candidats investis que dans l’étiquette politique supposée.

Il est donc très maladroit de lire que le MoDem serait accrédité de plus de 13 % d’opinion favorable chez les électeurs (même François Bayrou a eu la pudeur de ne pas le prétendre, dont acte !). Il aurait mieux fallu en réalité informer la population sur la base de travaux plus honnêtes que les forces indépendantes démocrates et centristes, susceptibles d’allier efficacement sur des objectifs impérieux la gauche libérale et la droite sociale de notre pays, sont actuellement en très grande difficulté.

Prenons le cas du département des Yvelines, terre centriste par excellence : 20 cantons à renouveler dont 10 où des candidats centristes (Mouvement Démocrate ou Nouveau Centre) se sont pour la plupart présentés sur le mode « franc tireurs » indépendamment des blocs UMP et PS.

S’agissant d’une élection d’interim (la fusion des conseils régionaux et généraux est attendue pour l’année prochaine), un taux faible de participation était attendu. Le taux de participation dans les Yvelines a été très bas (38,3 %), l’un des plus mauvais de France (moyenne : 40,3 %), juste derrière des départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val d’Oise et de la Seine-et-Marne, qui sont des départements nord et est de notre banlieue parisienne qui sont sinistrés sur un plan économique et social.

C’est probablement l’importante classe moyenne de nos banlieues yvelinoises (celle qui essaye d’accéder à la propriété et qui a de plus en plus du mal à joindre les deux bouts suite à l’augmentation récurrente des charges ménagères et des impôts locaux) qui a le plus boudé les urnes, certes au détriment de la droite sarkoziste, mais aussi des écologistes, des socialistes et des centristes.

On peut donc dire que les candidatures centristes ont été sans incidence sur la participation électorale puisque dans l’ensemble de ces 10 cantons, le taux moyen de participation a été de 38 % : le canton où l’on a le plus voté a été celui de Versailles Nord Ouest avec un taux de 39,93 %.

Autre fait marquant : on a plus voté à Versailles qu’ailleurs. Pourquoi ? probablement, une grande pluralité de candidatures, un civisme local plus sensible et des forces militantes qui ont convergé sur un objectif important pour eux. En totalisant en tout cas les voix sur les candidats investis par le Mouvement Démocrate et le Nouveau Centre, le score moyen yvelinois est de 7,55 %. Les meilleurs scores centristes s’opèrent à Versailles, 12,20 % pour Versailles Nord Ouest (il convient de pondérer le vote du candidat de Madame Boutin qui n’est pas un vote centriste) et 10,59 pour Versailles Sud. Et les plus mauvais scores – que nous ne citerons pas par correction - se trouvent légèrement du côté du Mouvement Démocrate.

C’est dire que l’étiquette MoDem dans les Yvelines, indépendamment de la valeur de ses candidats, doit être revue en profondeur dans les meilleurs délais puisque le score réel moyen de ses candidats (4,53 %) est quand même très loin des 13% affiché par le secrétariat national. Cette situation implique plusieurs conséquences. La première est d’imposer dans les plus brefs délais de sévères remises en question à l’échelon de la vie interne du MoDem78.

La seconde est que les forces centristes (Parti Radical, Nouveau Centre et MoDem) si elles veulent efficacement exister dans les Yvelines et échapper au laminoir des élections présidentielles, doivent impérativement se rapprocher.

Où ? A Versailles, là où les taux sont apparemment les plus significatifs. Ailleurs, ce serait en l’état une sorte de non sens démocratique. Quand ? Le plus rapidement possible. Autour de qui ? Il conviendrait de prendre une personnalité centriste incontestée dans les Yvelines, disposant de l’intégrité morale et de la culture politique nécessaire pour envisager ce rapprochement. Cette personnalité doit se découvrir (j’ai à vrai dire une petite idée sur la question, mais il ne s’agit évidemment pas de moi, je vous rassure).

Comment ? Chacun doit accepter que s’y négocie efficacement en priorité un bloc de valeurs communes, à la fois social, micro-libéral (c’est-à-dire foncièrement anticorporatiste), démocrate, laïc et européen, s’opposant fermement à la xénophobie et à la démagogie ambiante et au sectarisme des extrêmes. A titre personnel, j’estime que ce rapprochement de valeurs pourrait s’envisager à l’aulne des valeurs défendues par le passé par le CDS et le programme des présidentielles 2007 de François Bayrou du temps de l’UDF.

Chacun devra envisager ensuite la mise en oeuvre de projets concrets et efficients à l’échelon départemental de développement économique et culturel incluant notamment les services publics dans un cadre respectueux des contraintes sociales et environnementales. A mon sens, le problème de tous nos moyens de communication et de transports doit être vu en priorité absolue.

C’est véritablement par l’enracinement sur le terrain local que les forces centristes feront la différence. Pour le moment, mis à part quelques tentatives locales stupidement mis à mal par deux ou trois petits chefs égocentriques, on est très loin du compte.

Il est encore temps de se ressaisir. Au mois de mai, on pourra dire que les dés seront jetés.

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