L'ignoble JJR ...

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

 Il s'agit bien évidemment de Jean-Jacques Rousseau ...

Voilà un utopiste bien "barré" qui mériterait d'être remis à l'honneur. Comment, partant de principes humanistes quasi mystiques, basculer dans le totalitarisme le plus absolu. C'est ce  qui caractérise quelque part l'esprit français. L'esprit jacobin en tout cas. Je retire d'un dictionnaire deux citations remarquables qui lui sont attribuées :
 
<< J’appelle donc République tout État régi par des lois ; la monarchie elle-même est république. >>
| Source : Du contrat social
  
<< J’appelle donc République tout État régi par des lois, sous quelque administration que ce puisse être. Tout gouvernement légitime est républicain. >>
| Source : Du contrat social
 
Nous avons un modèle républicain à la française très jacobin très marqué par la période radicale de la première moitié de la 3ème république.

On peut considérer que le bonapartisme et le sarkozisme qui en est la dérivée repose essentiellement sur ce même modèle. Un chef "éclairé" (enfin déclaré comme tel par sa cour et ses médias), une administration militarisée qui obéit le doigt sur la couture du pantalon, et un parlement ou des juges que l'on peut circonvenir facilement sur un simple geste césarien ad nutum dudit chef.

Ce système cautionne le bipolarisme. Tu es pour le chef, tu es dans la majorité, à toi gloire et honneur. Tu es contre, tu es dans l'opposition, tant pis pour toi. Basique.


En fait, le sarkozisme est profondément républicain puisqu'il repose simplement sur le principe ci-dessus.


Qu'importe l'éthique, les valeurs, le programme, les projets, le suivi des chantiers en cours, tout cela est secondaire, pour ne pas dire insignifiant. A la limite, on s'en fout.

Et si les français s'en accommodent avec fatalisme, c'est qu'ils y ajoutent facilement le deuxième axiome incontournable et si commode de "tous pourris" ... et c'est comme cela que le système radical UMP ou PS  autour de X, Y ou Z se maintient et fait que le combat pour une meilleure démocratie française parait foutu d'avance.

Et sans doute que la polarisation de la démocratie municipale autour de la personne même d'un maire, aussi controversé soit-il, participe d'un même épiphénomène. Tant que cela procède du même système radical, on passe d'autant plus facilement l'éponge. 

D'où ma conclusion : en cherchant à instaurer un nouveau modèle démocrate, nous devons dépasser le modèle républicain français et le considérer comme étant dépassé, obsolète, ringard.

C'est sans doute cette réflexion, curieusement développée par Daniel Cohn Bendit lors des dernières élections européennes, et qui n'a pas grand rapport avec l'écologie, qui doit être prioritairement creusée à l'intérieur du Mouvement Démocrate.

Et à cet égard le dernier livre de François Bayrou "Abus de pouvoir" pêche cruellement par son côté "conservatisme républicain". Pas assez innovant en tout cas à mon goût. Ce livre, aussi remarquable soit-il par la teneur de ses critiques à l'encontre du Président Sarkozy, ne suffira pas, contrairement au programme de Bayrou de 2007 pour les présidentielles, à servir de base à une nouvelle ligne programmatique, à un nouveau projet social que nous attendons tous.

A mon modeste niveau, je défendrai un modèle social-libéral. Parce que, n'en déplaise à la gauche ou aux écologistes, on ne peut concevoir de société sans libertés, et sans lois permettant aux plus faibles de se protéger et d'agir contre les plus forts.

Ce modèle là intéressera autant les gens intelligents venus de la gauche que de la droite qui aspireront  honnêtement à une vrai démocratie, qu'elle soit locale ou nationale.

On reste en tout cas à votre disposition pour cela.

André Roulleaux Dugage
Délégué cantonal Houilles Carrières
 

Publié dans Démocratie locale

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