Tout d'abord, nous remercions les 9,7 % d'électeurs qui ont accordé contre vents, tempêtes et marées leur confiance à notre Mouvement et à l'Alliance des Démocrates et Libéraux-sociaux
Européens dont voici le site http://www.alde.eu/fr/.
Il est vrai que cette campagne électorale "européennes 2009" était difficile, puisque l'Europe est un thème souvent ésotérique pour nos concitoyens. Et si ce score met en
évidence un tassement de notre électorat (-4 points), ce tassement est beaucoup moindre qu'ailleurs. On a donc "limité la casse" puisque les scores de deux partis dominants UMP
(27,7%) et PS (13 %) s'effrondrent nettement plus (-21 pour le premier et - 11 pour le second). Ceci nous donne une bonne marge de manoeuvre pour pouvoir reconstruire une
nouvelle majorité locale et bien peser sur les prochaines échéances électorales.
Une trop forte abstention (60 %) met en évidence une très mauvaise sensibilisation de la cause européenne, ceci en dépit du mérite des équipes MoDem de
Houilles et de Carrières qui ont été les seuls dans le canton à organiser des manifestations publiques de proximité (café démocrate et fête de l'Europe ; cf. les pages
précédentes). Cette abstention est prioritairement imputable aux institutionnels locaux qui ne font pas grand chose pour cultiver nos concitoyens là dessus et pour
promouvoir sur notre ville le "vivre ensemble européen".
Nous voudrions réagir ensuite suite à la foire d'empoigne dans laquelle notre ami François Bayrou s'est imprudemment engagé avec qui vous savez. Cela nous rappelle l'adage biblique :
nul n'est prophète en son pays : on peut émettre des critiques de fond très justes, on peut publier un bon bouquin ("Abus de Pouvoir" dont nous conseillons la
lecture est malheureusement sorti bien tardivement ... ) qui explique bien le fond de ses différents avec le chef de l'Etat. De même, son reproche fait à Cohn-Bendit
("ce que vous avez écrit dans votre livre est ignoble") était objectivement juste, mais tombait mal, de manière trop disproportionné...
Il y a aussi une "acculturation politique" qui joue aussi quelque part. Qu'importe le contenu politique d'un programme peu ou prou débattu sérieusement entre gens éduqués,
qu'importe le caractère perfectible de ce dernier, il faudrait avant toute chose céder à la mode du "bling bling" et prendre une posture : avoir des têtes d'affiches
médiatiques, de beaux locaux, faire un show clinquant, surfer sur un joli film ... ou alors, apparaitre maladroitement un soir lors d'un débat télévisuel mal organisé
comme quelqu'un d'arrogant et de déloyal à l'occasion d'une foire d'empoigne stupide, tout cela suffirait pour que le couperet de la guillotine électorale tombe devant la "foule
sentimentale" si bien décrite par notre poète national Alain Souchon ...
Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle.
Cela n'entrera pas dans notre conception de la politique. Nous nous
bornerons à approuver honnêtement ce qui va, à critiquer sérieusement ce qui ne va pas et à nous en expliquer devant l'opinion. Nous proposerons en temps opportun un véritable changement
politique local.
Nous ne céderons pas aux feux follets de la mode écologique politicienne, quand bien même il s'agit d'un thème scientifique des plus importants. Pour nous, l'économique et
le social ont autant d'importance que l'écologie, ni plus, ni moins.
Et nous ferons bien attention à ne pas répondre de manière inappropriée à des provocations stupides, inutiles et qui ne font qu'augmenter le taux peu glorieux d'abstention de
notre ville.
Quant à François ... nous, on le soutient.
" S'il (Yann Wehrling) avoue ne pas vouloir "jouer les Cassandre" et préjuger de la réussite ou de l'échec d'Europe-Ecologie, admet au JDD.fr que "l'essai n'a jamais été transformé". "Le scrutin européen est rarement mauvais pour les Verts en ce sens que les électeurs jugent le parlement européen comme un lieu propice à une prise en compte des préoccupations écologiques. Ce qui n'est pas faux". "Les Verts sont clairement à gauche alors qu'il serait faux de croire que le vote de dimanche était un vote de gauche". "Si les électeurs ne le comprennent pas, ils courent le risque de se tromper lors des prochains scrutins nationaux", assène-t-il encore.
Je suis étonné que si peu de commentateurs remarquent combien les partis politiques en général apparaissent comme archaïques à la majorité des électeurs. Il y a les ringards qui ont apparemment gagné (Sarkozy, Merkel, Cohn-Bendit) et ceux qui ont vraiment perdu (les souverainistes, incapables de parler de monnaie, de commerce, d'emploi; la gauche en général, incapable de sortir de la fausse alternative ralliement au système/dénonciation néo-marxiste).
Nous vivons l'inverse de 1968: la protestation est devenue silencieuse, résignée. Les institutions européennes n'ont aucune légitimité populaire. L'écologie est un leurre, qui détourne de parler d'emploi, de monnaie, d'investissement. Les jeunes et les actifs sont-ils condamnés à subir un système ou le peu qui tient encore debout est soutenu par le vote le plus conservateur qui soit.