Dans la série « Postures et Imposture UMP», dissection du tract de M. Lequiller ...

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

 Au jour même du meeting MoDem de lancement à Paris de la campagne pour les européennes (salle comble, il est bon de le rappeler), je reçois comme par enchantement dans ma boite aux lettres un tract électoral de notre obscur député UMP Pierre Lequiller.


On peut s'étonner de ce tract. Car les meetings UMPS de la semaine écoulé sont calamiteux : celui UMP du Président Sarkozy avec des militants au garde-à-vous et manifestement surveillés, dans le fief de son féal Xavier Bertrand à Saint-Quentin dans l'Aisne, et de celui non moins calamiteux du PS à Paris avec Martine Aubry prêchant dans un Zenith désert.

Monsieur Lequiller, c'est ce député qui a été brillamment réélu « dans un fauteuil » avec un taux d'abstention de 50 % avec pour seul argument électoral de se placer aux ordres de l'Elysée. Si si ... j'ai gardé le tract, c'est écrit noir sur blanc, avec des arguments bien fondés sur la théorie de la séparation des pouvoirs et le courage politique  d'agir en conscience conformément à des valeurs bien précises … : « votez pour moi, je serai promis juré une carpette élyséenne ! », c'était assurément un argument politique de grande valeur démocratique ...


Tout ceci incite donc à examiner attentivement le document.

Tout d'abord l'en-tête et la fin : la lettre porte le no 52 et date de mars 2009 (allons bon … où sont les 51ème précédentes lettres ?) et finit par « je tiens à vous rendre compte de mon action locale par cette lettre comme je le fais régulièrement ». Or ... on ne recoit strictement rien en temps ordinaire de ce député … Pas de site internet ou de blog, pas d'agenda en ligne. Rien. Ah si, juste des tracts en période électorale pour l'UMP et la participation à des cocktails : c'est le service minimum apparent, quoi.

 

Mais quand on vérifie le nombre de ses interventions au plumitif de l'Assemblée Nationale (http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/tnom/2007/1954.pdf), on en relève cinq depuis juin 2007, ce qui est tout de même gênant quand on prétend occuper le poste clé de Président de la Commission des Affaires européennes ... On serait député "sans grade" comme François Bayrou, passe encore, mais là, il y a de quoi se poser sérieusement des questions ...

On pourrait s'attendre malgré tout à la lecture de ce tract à un acte de foi en faveur de l'Europe, de ses institutions et de son parlement … Mais non : ce député se borne à défendre le bilan de la présidence française, ceci en des termes qui laissent pantois n'importe quel journaliste sérieux : « sous la présidence de Monsieur Sarkozy et face à la crise, la France a su entraîner ses 26 partenaires pour agir de concert par des plans d'importants de soutien financier, de relance et de mesures sociales ». Ah bon ? Lesquels ?

 

Il est vrai que face à la crise financière, l'Europe sous la présidence française aurait pu réagir de manière unanime : enquête sur la situation des grandes banques, détermination de leurs « actifs pourris », plan de relance ensuite concerté entre la France, l'Angleterre et l'Allemagne par l'intermédiaire d'un Président de Commission pugnace en vue de soutenir et de réguler le marché du crédit, mettre en place via le Fonds Social Européen un soutien aux PME PMI en difficultés suite à des ruptures de crédit, les aider en matière de recherche et développement, aider de manière renforcée les plans nationaux à la formation et au reclassement professionnel, etc … etc …

 

Or, tout le monde sait, Monsieur Lequiller le premier, que cela n'a pas été fait. Il suffit pour cela de suivre l'actualité européenne qui a décrit par le menu le grave climat de défiance au sein du Conseil Européen et qui a gravement opposé, depuis l'arrivée du Président Sarkozy aux affaires, la France et l'Allemagne sur les terrains économiques (budgétaire et financier notamment), climat qui a bloqué toute nouvelle régulation. Il suffit ensuite de constater que la Commission Européenne est aux abonnés absents à raison du caractère atlantiste indécrottable de son Président, caractère que la présidence française s'est bien gardée de bousculer, on se demande bien pourquoi.

 

Enfin, ce député fait un savant amalgame (il est coutumier du fait vu qu'il a utilisé la même tactique lors des dernières législatives) entre les mandats de député et de conseiller général qu'il cumule pour oser prétendre qu'il finance (en tant que quasi-mécène puisque les « je paye » sarkoziens sont récurrents dans ce tract ...) des projets scolaires (imposés par la loi et la démographie des Yvelines) ou de voirie (ben oui, que voulez-vous, le travail du Conseil Général des Yvelines avec nos impôts locaux, ce n'est pas un dû selon lui, c'est une aubaine grâce à l'entregent de ce député qui pourrait, attention si vous n'êtes pas sage, du jour au lendemain supprimer toutes vos subventions …). Il n'hésite même pas à mettre à son crédit personnel au final tous les avantages octroyés par le gouvernement en faveur du secteur automobile à Poissy, c'est tout dire.

Voilà un tract qui démontre bien cette imposture récurrente propre à l'UMP en vue d'entretenir  une parodie de démocratie par des moyens stupides, grossiers et colossalement malhonnêtes. «  Mentir, mentir et encore mentir pour tromper l'électeur, il en restera bien quelque chose dans les urnes », tel est sa devise. L'électeur intelligent et honnête appréciera.

Publié dans Démocratie locale

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