Garder le cap et border la voilure.

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

C'est l'heure du bilan des dernières élections municipales.

La tactique proposée au départ était simple mais difficile à assumer : les candidats devaient veiller à la constitution de listes autonomes. Or c'était risqué et très lourd à mettre en oeuvre.

Certains ont donc opté pour la solution de facilité avant le 1er tour en recourant la tactique habituelle du strapontin : se faire héberger sur les listes UMP ou PS dominante, récupérer quelques sièges, voire un poste de maire adjoint, se fondre dans la masse et se mettre les pieds sous la table.  

Si le comité d'investiture aurait pu tolérer cette solution dans certains cas, il n'aurait jamais dû les soutenir à pied d'égalité avec les listes autonomes qui méritaient d'être mises en avant.

Et puis est arrivé le second tour.

Lorsque les résultats étaient moyens (c'est-à dire entre 10 et 30 %), il fallait pour jouer "gagnant" envisager des fusions, ceci en dépit des états-major UMP ou PS qui ne voulaient entendre d'aucune fusion avec le Mouvement Démocrate. Ces fusions pouvaient inciter des réactions hostiles de certains colistiers MoDem qui ne voulaient pas se salir les mains dans de mauvais accords. Des tiraillements sont alors intervenus.

Là encore, les instances dirigeantes auraient dû intervenir pour clarifier les choses, stimuler les ambitions, mettre en évidence les bons critères de rapprochement (notamment en fonction du comportement des autres listes et du contenu de leur programme) et surtout expliquer, expliquer, expliquer ...

Et quand les consignes "de rouleau compresseur" des états majors UMPS ont été appliquées, comme à Paris par exemple eu égard à l'importance du score PS dans le centre et l'est parisien, il fallait se résoudre à de mauvais résultats de second tour là où les listes ne pesaient pas suffisamment.  Là encore, les listes parisiennes ont eu du mal à expliquer leur tactique et il fallait pourtant communiquer pour expliquer l'intérêt de se maintenir.  

L’équipe dirigeante doit avoir conscience de la situation actuelle de sa communication interne. Il s'est engagé au cours de son bureau poltique de dimanche dernier à entamer une tournée de rencontres d'écoute avec les adhérents : « Les fédérations s’exprimeront. Les adhérents ont un grand besoin d’organisation et nous détendrons les choses là où il y a des tensions », confiait hier soir François Bayrou.

Il faut relever quand même des succès : le MoDem a dépassé l’UMP ou le PS dans certaines villes, comme Nanterre (Hauts-de-Seine), et atteint des résultats significatifs comme à Lorient (32 %). Les 350 listes autonomes engagées aux municipales ont en moyenne recueilli 15,9 % et obtenu un peu plus de 1 000 élus.

De plus, beaucoup d'élus centristes du Nouveau Centre, eu égard à leur comportement déshonorant, ont été sanctionnés par leurs électeurs (comme à Blois, Amiens, Angoulême…). Et ceux qui ont été réélus dans les villes importantes ne l'ont été que grâce à la discipline partisane de l'UMP, notamment dans les Hauts de Seine (cf. Baguet à Boulogne Billancourt, Santini à Issy les Moulineaux) et non par un électorat qui leur était propre.

Une réunion de tous les élus a été décidée, probablement à Paris, le 26 avril. Elle sera suivie d’un conseil national le 14 mai.

« La question stratégique, plus que jamais, consiste à dire s’il n’existe en France que deux propositions politiques, celles de l’UMP et du PS, ou trois avec la nôtre qui possède ses propres valeurs et sa propre logique », analyse Bayrou. En effet, le plus important est ailleurs eu égard au durcissement des états majors UMP et PS et une radicalisation persistante des grands médias autour du bipolarisme UMPS.  

On observe le durcissement des rapports sociaux, notamment au sein des entreprises, on voit bien que la crise économique s’aggrave, que le pari vendu par Sarkozy de relance du pouvoir d'achat était un leurre (c'était évident pour nous !). On voit la rupture stérile entre un pouvoir national délibéremment monarchisé et des pouvoirs locaux cantonnés dans de l'opposition à court terme, sans projet d'avenir, sans vrai relance en profondeur des transport publics, des axes routiers ou du logement social. On voit le délitement du tissu social, la démocratie locale en panne, les taux de participation aux élections législatives et municipales en sont la preuve.

On sent surtout venir la rupture globale entre pouvoir exécutif, souveraineté nationale, pouvoirs européens, pouvoirs régionaux : cette rupture là entre le peuple et ses représentants est la plus importante puisqu'elle engage la démocratie. C'est aux élus et militants du Mouvement Démocrate de veiller à défendre une offre politique alternative indépendante et cohérente, à la fois démocrate, pro-européenne, sociale et libérale, pour répondre aux futurs enjeux de notre société.

Source : http://elections.leparisien.fr/elections-municipales-2008/actualite-resultats-direct-municipales/6974-bayrou-digere-lechec.php 

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