REUNION DEBAT du MoDem Ovillois - 16 avril 2008 à Houilles

Publié le par Mouvement Démocrate Ovillois

Pierre le GUERINEL, Président de la Fédération des Yvelines du Mouvement Démocrate, maire adjoint à Maurepas, 
Elisabeth SAUNIER, déléguée de la 4ème circonscription, conseillère municipale à Carrières sur Seine
Carole BOISNEL, déléguée de la 5ème circonscription, conseillère municipale à Maisons-Laffitte
Bruno COMBY, élu municipal à Houilles,  ont co-présidé une réunion-débat le mercredi 16 avril 2008 à 20h30 salle Michelet à HOUILLES organisée par le Mouvement Démocrate Ovillois avec comme invité d'honneur :
 
Richard BERTRAND, maire adjoint à Poissy, déléguée de la 12ème circonscription, sur le thème :
 
"Le Mouvement Démocrate : un parti versatile ou libérateur ?"
 
Richard BERTRAND nous a exposé les difficultés et succès de son parcours à Poissy et comment il a pu, en tenant compte des spécificités électorales du Nord Yvelines, conclure une alliance "gagnant-gagnant" permettant de nettoyer le paysage politique local à Poissy.
 
Un débat a suivi, animé par Richard BERTRAND et Pierre le GUERINEL, où chacun a pu faire part de son expérience et de ses réflexions.

Pierre LEGUERINEL nous a d'abord exposé en quoi les scores du Mouvement Démocrate dans les Yvelines étaient, mis à part quelques parcours comme celui de Richard, tout à fait honorables mais sans plus.

Tout d'abord il fallait trouver des acteurs disponibles, déterminés et déjà bien implantés socialement dans leur ville. Pour des villes de moyenne ou grande importance (comme à Houilles) et compte tenu de l'individualisme ambiant (mentalité française et crise économique oblige ...), cela pouvait relever de l'exploit que de trouver des colistiers disponibles, aptes, compatibles et dotés d'une bonne dose d'héroïsme. Dans bon nombre de ville, cela a été clairement impossible et il a fallu envisager des listes d'alliance dans des conditions qui on été mal perçus, à défaut de plateforme commune clairement expliquée.

Compte tenu de la jeunesse du mouvement qui incluait des ex-UDF, des nouveaux venus de l'UMP, du PS ou des Verts, ou apolitiques, tous généralement venus de la société civile, des erreurs ont été évidemment commises, des négociations engagées trop tôt et/ou de manière maladroite, sans avoir précisément réfléchi à la stratégie, à la liste et à son programme. Ces erreurs-là seront pardonnées tôt ou tard par les électeurs du moment qu'elles ne se reproduisent pas.

Enfin, là où le PS faisait campagne en tant que parti minoritaire, on a clairement senti les instructions de leur bureau national : il valait mieux laisser triompher en catimini l'UMP que de se faire piéger dans des alliances avec les centristes indépendants du MoDem qu'il valait mieux faire abattre en priorité.

Le grief de parti "versatile et illisible" que nous ont adressé nos opposants via les médias n'était pas innocent à ce titre : c'était la réponse prévisible aux erreurs précitées et à la jeunesse du mouvement mal connu et mal implanté dans le paysage politique local. Et il est vrai que des exemples extérieurs abondamment perpétrés dans les médias nationaux, comme celui d'Aubagne (alliance MoDem, PCF, LCR) ont considérablement nuit sur un plan médiatique à nos campagnes respectives. Mais en fait, des erreurs comme cela ne sont pas apparus chez nous car il était facile en terre yvelinoise (volontiers centriste dit-on) pour des volontaires de se retrouver autour de valeurs humanistes communes.

Il faut également ajouter comme embûche supplémentaire l'organisation précipitée et malencontreuse (avec une très mauvaise communication autour) des élections au Conseil National du mois de janvier que l'urgence ne justifiait pas et qui n'a servi à rien dans l'immédiat, sauf à perturber le travail des campagnes municipales en cours. 


Mais le résultat des courses est important : d'une part, le Mouvement Démocrate présente un nombre sérieux d'élus locaux dans les Yvelines maintenant (NDLR : plus important que celui pendant la dernière période UDF, ce qui démontre - c'est un bon signe - qu'il y a nettement plus d'entrants que de sortants) et d'autre part, ce courant centriste s'est de fait considérablement renouvelé en s'ouvrant au centre gauche, aux écologistes et à la société civile : la venue des militants de très bonne facture intellectuelle et bons tacticiens a bousculé efficacement les règles du jeu politique classique. 

Ce en quoi il importait maintenant de structurer le mouvement sur un plan départemental en fixant avant juin, sur la base d'un règlement intérieur provisoire venu du national, des élections internes pour élire les Présidents et délégués cantonaux et de circonscription de chaque fédération.

Il importait ensuite de préparer très sérieusement les prochaines échéances électorales publiques, à savoir les quelques cantonales et sénatoriales qui se profilent à l'extérieur et surtout ensuite les régionales ou les européennes, qui sont des élections adaptées à un bon résultat de notre mouvement.

Richard BERTRAND nous a ensuite raconté son épopée à Poissy et ses discussions préalables avec François Bayrou. S'agissant d'un véritable polar à rebondissement vu ses démêlées avec l'UMP et le PS, il est impossible de tout résumer ici.


Voici des passages vidéo qui vous permettrant de vous rendre compte qu'il ne s'agissait nullement d'un projet opportuniste sans fondement légitime ni programme de fond, mais d'une véritable entreprise d'assainissement du paysage politique local mise en place de manière mûrement réfléchie depuis un an, sur la base d'un programme pragmatique mais sérieux, avec une tête de liste charismatique très bien implantée localement et entre futurs élus contraints de tenir leurs engagements sous peine de disqualification politique immédiate.


Les débats sont intervenus ensuite avec la salle. Les cas difficiles ont été abordés et les animateurs ont invité la salle à positiver les choses et à trouver des solutions notamment en maîtrisant les discours, et en cherchant à se développer positivement sur un plan local en dépit des désaccords subsistant entre tel ou tel. En fédérant les sympathisants autour de valeurs communes, les bonnes solutions s'imposeront d'elles même par la force des choses.

Parlant positivement de l'avenir, Viviane Boussier (Guyancourt) qui pilote le comité "Europe" du MoDem78 nous a informé de l'état d'avancement de son comité et nous a invité à prendre contact avec elle sur le site de la fédération Modem 78 (lien ci-dessous) pour participer aux réunions programmatiques du Mouvement Démocrate dans le domaine européen.
D'autres comités, en matière de développement durable ou se rapportant à la démocratisation des Communautés de commune par exemple, sont ouverts ou vont ouvrir prochainement.

Le Mouvement Démocrate Ovillois, organisateur de cette soirée, a invité le public ensuite à prendre le verre de l'amitié.


http://www.modem78.org
 

Publié dans Vie de l'association

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Jean Louis Rodrigues 30/04/2008 16:38

Mon compte-rendu
Le thème : le mouvement un parti versatile ou libérateur ? Organisateur : le Mouvement Démocrate Ovillois et plus particulièrement André Roulleaux-Dugage.
Présents sur "l'estrade" : Pierre Leguérinel, Richard Bertrand, Elisabeth Saunier, Carole Boisnel, Bruno Comby.

Pierre Leguérinel : Informations usuelles : la lisibilité de notre stratégie. Objectif de Sarkosy : Comment tuer un parti ? Tout ceci est un problème externe.
Le problème interne : Nous sommes une agrégation de personnes venant d'horizons divers : un parti composite avec un mélange qui peut exploser à défaut de coordination. Nous avons fait campagne pour gagner les élections. Mais nous avons eu des Modems sur des liste différentes (dans une même ville). Et dans certaines villes, nous n'avons pas pu former de liste malgré un nombre important d'adhérents Modem dans cette même ville. Des adhérents n'ont pas voulu sauter le pas, n'ont pas voulu prendre de risque. C'est dommage car la démocratie appelle des citoyens actifs.
Election interne dès que le règlement intérieur sera validé. C'est important pour la légitimité des dirigeants et des représentants.

Richard Bertrand : le combat de Richard.

Richard rencontre courant février dernier François Bayrou : " - je veux conduire une liste Modem au municipale à Poissy - très bien, commence par les législatives, tu as l'investiture". 5 Adhérents au départ, 100 à l'arrivée. La chance de ces élections : un homme politique en poste usé par des condamnations (en appel durant les élections).
Je suis parti en campagne dès la fin des législatives : on m'a souvent dit que je partais trop tôt. Je pense plutôt que beaucoup de personnes partent trop tard. Si on est pas ancré dans le paysage politique local, il vaut mieux partir le plus tôt possible.
Nous avons fédéré des gens petit à petit : à la fin nous étions les 39 de la liste plus 20 personnes (qui ressentaient d'ailleurs un manque énorme). Nous étions donc un groupe de plus de 60 personnes mobilisés pour la campagne.
Les outils : internet, le blog et surtout un forum. Contrairement à internet et à un blog, un forum est très dynamique. Au début, si
personne n'écrit sur le forum, il ne faut hésiter pas à lancer un thème ou bien faire passer un message à l'adversaire (avec un nom
d'emprunt). Il ne faut pas oublier qu'il faut être bien référencé. Coût : 2 500 €. 300 000 pages vues. Nous avons créé un journal de campagne. Toutes les semaines un journal à distribuer sur le marché. Au départ nous avons tapé très fort sur le maire en place. Puis nous nous sommes mis à proposer des idées. Nous avons créé des commissions, nous avons sorti des thèmes, nous avons fait vivre ce journal de campagne. Nous étions visibles sur le marché : coupe-vent blanc, des ballons, notre journal. Beaucoup de marketing. Nous n'avions pas le choix. Le but : nous faire exister sur le terrain, être visible. Nous avons ouvert une permanence à 30 m de la mairie. Ouvrir une permanence demande des moyens humains, de la motivation, de la présence. L'objectif suivant : fédérer un maximum de force. Tout d'abord, nous avons récupérer un candidat aux législatives de
"debout la république" (Dupont-Aignan). Puis une association locale "vivre sa ville" plutôt tendance PS, Verts. Au fur et à mesure nous rajoutions des logos sur nos tracts. Au départ pas de logo Modem. Puis le premier logo : le mouvement démocrate. Puis "debout la république", puis l'association "vivre sa ville", puis la CAPA, association de défense de l'accès A104 , CAP 21, le MNR de Jean-Pierre Chevènement (il ont apporté leur soutien sans rien demander en contrepartie). Un dissident Modem de début de campagne nous a rejoint par la suite. Toutes les forces toutes tendances confondues sont venues nous rejoindre contre le maire : une étions une véritable force de rassemblement.

Premier tour : le plus mauvais score du PS (27.4 %, Modem : 26.8 %, UMP : 42 %). L'objectif était de faire tomber le maire. En cas de triangulaire, c'était foutu.
Or, lors du premier tour, le PS ne voulait pas d'alliance avec le MoDem (consigne départementale). A 4 h du matin : Ok pour l'alliance mais sans Modem sur la liste de
fusion. Il a fallu mettre la pression, négocier ouvertement via l'AFP et le journal le Parisien sur le thème "le PS ne veut pas faire tomber le maire UMP". Le PS a finalement cèdé et l'UMP départemental (Bédier) nous a envoyé "bouler". Deuxième tour : La liste PS / Modem est arrivée en tête. Donc 16
> conseillers PS, 14 conseillers Modem et 9 conseillers UMP. Avant l'élection du maire et de ces adjoints, l'UMP a voulu provoquer une alliance avec Richard : 14 modem + 9 UMP égale 23 sur 39. On te propose de devenir maire. Richard Bertrand a loyalement refusé ("ce n'est pas le contrat sur lequel nous avons été élu) et fait publier un article sur le parisien afin de rassurer le PS.
Résultat : 6 adjoints modem, 14 conseillers municipaux, une équipe localement soudée avec le PS et une opposition respectueuse.

Pierre Leguérinel : On peut regretter un accord mais on ne rompt pas un accord. Il y a 3 axes dans une campagne électorale : le marketing (la propagande), les valeurs, le projet et accessoirement le bilan. Lequel de ces 3 axes est le plus important : on ne sait pas, disons les 3 ensembles. Nous devons en toute hypothèse rester crédible.

Carole Boisnel : déléguée de la 5 ème circonscription des Yvelines. Fusion avant le premier tour (Maisons Laffitte) (liste divers droite). Si nous avions pu conclure une plateforme avec le PS, nous aurions emporté la mairie mais le PS n'a pas voulu. J'ai eu un regret dans ce combat : ne pas pouvoir s'exprimer pleinement sur la vie locale. 2 élus d'oppositions.

Elisabeth Saunier : déléguée de la 4 ème circonscription des Yvelines. Nous avons créé une section modem à Carrières sur seine. Bien sur les cantonales qui est une élection départementale mais plus à caractère national. Un bon score. Le PS n'avait pas la prétention de gagner. Déconfiture de l'UMP. La communication nationale du MoDem a beaucoup perturbé nos électeurs de même que la campagne de presse contre Bayrou entre les deux tours, ça nous a nui. Travail sur le terrain tardif malgré que ce soit nous qui sommes rentrés en campagne les premiers.

Richard Bertrand : Chez nous , nous avons un bon score grâce au modem.

Dans la salle : Olivier Prat (élu MoDeM à sartrouville) et plus particulièrement des adhérents de la 5 ème circonscription des Yvelines : il ne sont pas contents de ce qui s'est déroulé pendant la campagne. Plateforme trop confuse avec le maire sortant.

Michèle Houssin (élue MoDem Chatou) raconte sa campagne municipale et remercie Elisabeth Saunier pour avoir réussi à susciter de l'enthousiasme durant les législatives.

André Roulleaux-Dugage signale un sérieux déficit de démocratie au niveau de la CCBS (opposition sur Houilles exclue des travaux)et demande à ce qu'un travail local centré sur la CCBS (Communauté de Commune de la Boucle de la Seine) soit mis en oeuvre entre les 4 ème, la 5 ème et la 6 ème circonscriptions des Yvelines pour développer l'information et la démocratie locale dans la Boucle. Applaudissements.

Pierre Leguérinel propose de rassembler nos forces et nos compétences afin d'être force de propositions au national. Je répondrai au 350
courriels en attente.
Jean-Louis Rodrigues : Pierre, on nous a tenu le même discours avant les municipales et je n'ai rien vu venir. Il faut nous impliquer plus. Passons aux actes, passons à l'action.

Grecha 24/04/2008 19:58

Merci pour cette soirée très instructive.

En particulier, j'ai retenu deux choses. La première pour ce qui concerne l'envie générale de participer à une construction par la base du MoDem, afin de pousser le national à rattraper notre retard en matière d'organisation et de contenu.

La seconde concerne plus l'expérience de Poissy et la personnalité de Richard Bertrand. C'est une belle expérience de détermination, de préparation et d'organisation. Je crois que c'est une très bonne idée de nous faire partager son expérience, de nous permettre d'acquérir plus de maturité pour l'avenir.

Cette expérience contrastait particulièrement avec celle des autres villes où nous sommes partis tard en campagne et avons manqué de méthode faute d'expérience.

Nous devons capitaliser sur ces expériences pour libérer notre potentiel.

Amicalement

Communiqué 02/04/2008 16:30

Ouverture du procès en appel de deux députés UMP [02/04/2008 15:02]

PARIS (AP) -- Le procès en appel de deux députés UMP, dont l'ancien secrétaire d'Etat Pierre Bédier condamné en première instance à 18 mois d'emprisonnement avec sursis, s'est ouvert mercredi matin devant la cour d'appel de Paris.

Les deux députés des Yvelines, Jacques Masdeu-Arus et Pierre Bédier, ont été reconnus coupables de «corruption passive» en première instance. Ils avaient fait appel, de même que Gilles Forray, premier adjoint de M. Masdeu-Arus, maire de Poissy au moment des faits, et qu'un ancien expert-comptable, Jean-Pierre Pécriaux.

Les trois premiers sont accusés d'avoir accepté des pots-de-vin de l'homme d'affaires Michel Delfau, décédé en 2005. En contrepartie, ce dernier aurait obtenu des marchés publics dans les villes de Poissy et Mantes-la-Jolie (Yvelines), dont les deux députés ont été maires pendant plusieurs années.

A l'occasion de la première matinée d'audience, Gilles Forray, qui est atteint d'une sclérose en plaques l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant, a «contesté de la façon la plus formelle» les faits qui lui sont reprochés. L'accusation affirme que Michel Delfau lui avait remis de l'argent et offert un appartement à Marrakech.

Tapant régulièrement du poing sur la table qui se trouvait devant lui, Gilles Forray, qui avait été condamné à trois ans de prison avec sursis, a affirmé que les conditions dans lesquelles s'étaient déroulés les appels d'offres étaient «parfaitement régulières».

Quant à l'appartement, a poursuivi l'ancien premier adjoint, il «ne m'aurait servi à rien» car «il m'est totalement inaccessible».

Interrogé sur les nombreuses «coïncidences» du dossier, avec des remises d'espèces les jours où les deux hommes déjeunaient ensemble, dont les montants correspondaient aux crédits sur le compte de sa compagne aujourd'hui décédée, il les a écartées.

Selon lui, toute cette affaire est née de l'imagination de la femme de Michel Delfau, à l'origine de la procédure par le dépôt d'une plainte en décembre 2001. Quant au fils du défunt, qui a raconté pendant l'enquête avoir assisté à une remise d'espèces entre les deux hommes, «il répète ce que maman lui dit», a-t-il noté.

Pierre Bédier sera pour sa part entendu jeudi après-midi. L'ancien secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice avait été condamné en première instance à 18 mois d'emprisonnement avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois années de privations des droits civiques et civils, soit six années d'inéligibilité.

Jacques Masdeu-Arus, qui avait écopé de deux ans de prison avec sursis, 150.000 euros d'amende et cinq ans de privation des droits civiques et civils, sera lui aussi entendu jeudi. Le procès doit s'achever vendredi matin avec les plaidoiries de la défense. AP

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Richard Bertrand a contribué à l'élimination politique de Masdeu-Arus, ancien maire de Poissy.